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Je le savais. Je savais que j’allais me prendre la tête sur cette putain de présentation. Je ne suis pas fataliste,
c’est juste que je galère toujours à faire ce genre de chose. Je reste toujours pendant trois plombes à fixer ma feuille, qu’elle soit réelle ou virtuelle. C’est que c’est important une
présentation. Enfin moi, je trouve. C’est comme un appât à aller voir plus loin. J’ai du mal à comprendre les gens qui écrivent leur nom, leur âge et indiquent leur ville en guise d’introduction.
Une présentation détermine le reste. Une présentation, c’est un hors-d’œuvre, ça ouvre l’appétit, c’est une jolie robe, ça sublime. C’est là-dessus que je vais être jugée.
Je pourrais juste indiquer les sujets que je compte aborder. Mais le souci, c’est que je n’en ai aucune idée. En
haut de la page, vous pouvez lire cette phrase « There is a beautiful mess inside », qui est une parole d’une chanson de Yael Naïm. Je trouve qu’elle me correspond assez bien. C’est que
j’ai la très mauvaise habitude de laisser les autres parler à ma place. J’aime beaucoup les citations qu’elles soient littéraires, musicales ou politiques. Je choisis celles qui me ressemblent et
je les assemble comme un patchwork. C’est un peu du copié-collé, j’avoue. Je suis comme ce personnage dans Jacquou le Croquant qui ne parle que par citations, proverbes et
expressions.
Je pourrais aussi me présenter. Mais j’aurais trop l’impression de devoir faire une lettre de motivation. Vous
contenteriez-vous de « je suis d’un naturel dynamique et souriant »? Je ne pense pas. Je pourrais vous mettre sous les yeux un portrait chinois mais c’est tellement commun. Alors je me
contenterais de vous dire que j’écris ce texte sur un ordinateur portable Acer, que j’ai le calendrier du Vogue Décembre et la Gazette de Drouot à côté de moi, que j’ai un Ipod qui s’appelle
Konstantin, que j’écoute La Caution en ce moment même et que je suis en train de me demander comment je peux écrire une présentation aussi naze que celle-là. Je vais donc faire ce que je fais à
chaque fois qu’un truc me gonfle: je bâcle pour finir. J’ai oublié de vous dire que je suis encore plus mauvaise en conclusion qu’en introduction. Mais je me soigne.
Il ne vous reste plus qu’à vous contentez de cette présentation, appétissante comme un soufflé essoufflé
et belle comme une robe Chanel tâchée. Et en mot de la fin, l’habit ne fait pas le moine.
par Jessica
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A 04h04 exactement, elles sont apparues. Je devinais bien une présence gênante mais je n’avais pensé à elles qu’avec le rire au coin de mon
cerveau. Et puis elles ont commencé à se faire de plus en plus pesantes, à s’insinuer lentement au creux de mon ventre, elles se sont agrippées à mon cœur pour mieux l’enserrer. Et à 04h04
exactement, elles sont apparues. Je n’ai pas été réellement surprise de les voir là, triomphantes, victorieuses, parmi les ruines. Il semblait évident que je n’avais fait qu’essayer de combattre.
J’avais été vaincue. Et j’abdiquais, humble, acceptant la leçon. Que l’on ne s’oppose pas à elles car elles finiront toujours par gagner. Elles traceront, quoiqu’il se passe, des chemins humides
sur ma peau et s’évaporeront dans les plis de mon cou.
par Jessica
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La semaine dernière, j'ai appris beaucoup de choses. Que Quentin Tarantino était fétichiste des pieds et qu'il avait massé ceux de Daphné Roulier lors d'une interview. Que le vrai prénom de
Marie-Antoinette, c'est Antoine et que donc, elle se faisait appeler à la Cour Autrichienne Madame Antoine, nom dont elle signait les missives. Que Andrea Crews était une organisation (faute de mot plus correct) de stylisme qui recyclait les vêtements et en faisaient de bien
jolies parures, quoiqu'un peu chères. Que le morceau qui accompagne Maxxie et sa danse est Clutch de Fat Segal. J'ai aussi appris à mes dépends que certaines choses pouvaient bouleverser votre
vie et ce, en l'espace de quelques heures. Que l'on pouvait s'attacher à quelqu'un au point d'angoisser devant la simple idée, suggestion de le perdre. Rien que ce mot, je le déteste. Finalement,
je ne sais que peu de lui. On a des différences d'opinions énormes concernant des choses sur lesquelles j'aurais rageusement défendu mon opinion il y a un an. Comme quoi, on évolue. Certains
diront que j'ai changé. Le changement, ça ne plait jamais. On nous demande de grandir mais on ne l'accepte pas. En l'espace d'un an, j'ai agrandi mon univers musical d'au moins 2 artistes auquels
je resterais fidèle. Deux, ça ne paraît pas beaucoup mais c'est comme si on augmentait votre surface habitable de 5m carrés. C'est peu comme ça mais ça fait tout de même un espace en plus pour
mettre (au choix) 1/ une machine à laver 2/ votre collection de timbres 3/ votre chien. J'ai découvert d'autres films qui m'ont fait rire à un moment où j'en avais bien besoin. J'ai vu de jolies
photos. J'ai été prise d'éclats de rire à la vue de moutons. Je me suis prise pour une rappeuse au masque blanc dans les rues
de Versailles. Entendre parler de Formule 1 me fait aujourd'hui sourire. Les R5 aussi mais je n'en ai que peu croisé. J'ai renoué avec une partie de mes origines, dans un certain sens. J'ai parlé
religion et cela m'a plu, moi qui suis athée comme la carpe est muette. Il y a incontestablement des personnes qui vous font du bien et parfois du "mal" aussi, quand elles vous disent des choses
que vous n'avez pas envie d'entendre. C'est difficile, ça fait pleurer mais c'est à ça que l'on reconnait les gens honnêtes et qui, finalement, se soucient de vous. J'irais mieux grâce à ces
personnes qui m'aident sans le savoir tout simplement parce qu'elles restent elles-même. Je me doute bien que cela peut effrayer, saouler de sembler être le rempart de ma santé mentale. Mais
c'est comme ça. Je ne demande pas aux gens de prendre soin de moi mais juste de m'apprécier et de rester naturelles. Savoir qu'il y a des gens qui sont là si je leur demande conseil, qui me
remettent dans le droit chemin si nécessaire me soulage. Il y a bien un mot pour qualifier ce genre de sentiment mais je ne sais pas le dire et surtout il pourrait effrayer, faire fuir et ne pas
être pris au sens large. Alors je m'abstiendrais. Je dirais juste "Merci" et "Pardon".
par Jessica
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Je n'avais ni patrie, ni racines, ni attaches d'aucune sorte, à part une enfance oubliée, dont les photos sonnaient faux et un ordinateur portable à
connexion wifi qui me donnait l'illusion d'être relié au reste de l'univers.
Au Secours Pardon de Frédéric Beigbeder.
Hier soir, tard dans la nuit, je me suis mise à pleurer, ce qui devient une habitude chez moi. Je me suis rendu compte alors que j'étais
vraiment malheureuse de sa décision. J'ai soudainement eu l'impression d'être une camée que l'on forçait à rentrer en cure de désintox. Puis après avoir pleuré toutes les larmes de mon
coeur, je me suis endormie. Le lendemain, je me suis éveillée, le soleil brillait. J'étais encore dans l'inconscience que provoque le sommeil. Je me sentais bien,trop bien, quelque chose, un
petit pincement au coeur, essayait de me faire comprendre qu'aujourd'hui n'était pas un jour comme les autres. Et la réalité m'est tombée brutalement sur le coin de la gueule. En l'espace d'un
dixième de seconde, je suis passée de la légèreté de coeur aux abysses les plus profondes du désespoir. Je me suis levée et j'ai vécu ma vie, faute de mieux.
C'est là que je me suis dit qu'il fallait que j'arrête de penser. Primo, j'avais l'impression d'avoir une usine nucléaire dans la tête à deux doigts de l'explosion et secundo, parce que ça
devenait réellement douloureux. Je n'aurais jamais cru qu'il était possible d'avoir si mal, si longtemps. J'ai souffert toute la journée et je souffre encore plus quand je pense que demain la
douleur sera encore là. Je ne pensais pas qu'il était impossible de souffrir autant, d'avoir un noeud dans l'estomac qui se faisait sentir à chaque pas, la gorge serrée au point que l'air
avait besoin d'un pass VIP pour y pénétrer. J'ai vraiment peur qu'il ne m'adresse plus jamais la parole. Que ce soit définitif. A croire que j'ai été un erstaz de Jean Sans Peur jusqu'à
présent et qu'il m'aura fallut attendre le mercredi 13 février pour connaître le mot "peur". Je sais qu'il faudrait que j'oublie mais je ne veux pas. Je refuse. Cela serait comme une abdication
de ma part, comme un message qui lui dirait "eh bien je m'en fous, fais ce que tu veux, ma vie n'en changera pas." D'un, ça serait un énorme mensonge et deux, je NE VEUX PAS. Il est impossible de
lâchement abandonner quelqu'un avec qui j'ai eu autant de facilité à parler. Alors j'ai décidé de deux choses: 1/ compter les jours qui passent désormais 2/ essayer d'occuper au maximum mon
esprit pour ne pas trop y penser.
C'est comme ça que je me suis retrouvée complétement subjuguée par les intrigues de The L Word et que je me suis mise en quête d'activités qui me serviraient de remparts contre moi-même. Voilà
que je me retrouve avec une inscription à la bibliothèque et tellement de livres que je ne sais pas par quoi commencer. Je viens de finir Blue, un manga de Kiriko Nananan, lu quelques pages de Virgin Suicides, quelques lignes de Au Secours Pardon, le quatrième de couverture de Une
Femme Séparée et rien de Une page d'Amour. Auquels doivent se rajouter le dvd de In The Mood For Love et un cd de musique sous l'époque du Roi Soleil (Louis XIV, pas Nicolas Sakozy). Et j'ai de
nouveau des envies de me remettre à tricoter et d'apprendre le violon. Juste une chose, le premier qui me dit que finalement, c'est une bonne chose qu'il ne me parle plus puisque je fais
plein de trucs, je lui fais gicler la cervelle.Parce que c'est faux. Dans le désespoir, on se raccroche tout et à n'importe quoi. En plus, je déteste tricoter, ça m'agace. Alors oui, je fais des
trucs mais je suis réellement malheureuse et je croise les doigts pour que cette période cesse rapidement. Cependant, j'ai dit que j'attendrais six mois s'il le fallait. Je le ferais. Même si
cela devient un an, deux ans, cinq ans, toute ma vie.
par Jessica
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